Mobilier en Zinc Decoration
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Plâtre et Décoration

Avant tout il faut savoir comment on fabrique cette poudre quasi magique. Le point de départ est le minerai: il s'agit là de sulfate de calcium, que l'on appelle communément gypse ( ou albâtre lorsqu'il est trés pur et finement cristallisé). La pierre de gypse est commune dans les régions calcaires: le Montmartre parisien par exemple est un gruyère d'où l'on à sorti des masses collossales de gypse pour construire la ville. On transforme directement le gypse en plâtre simplement en le portant au rouge par le feu. La chose se fait facilement en amateurice à l'aide d'un feu de bois puisqu'il suffit de porter au rouge des morceaux de gypse gros comme un citron. Une fois qu'ils ont atteint cette couleur (une demi journée env.), on les sort du feu pour les briser au plus finement avec un pilon ferré (ou une meule à écraser) et la poudre ainsi obtenue (et éventuellement tamisée) n'attend que l'eau qu'on lui a retiré par la flamme pour redurcir.

La propriété principale du plâtre vient donc d'être évoquée: il durcit, et avec un coût énergétique beaucoup moindre que son cousin le ciment (qui lui demande à la fabrication des temps de cuisson énormes et voraces en calories).

Le plâtre cumule ainsi plusieurs qualités: il durci vite, il résiste au feu, il est relativement léger une fois sec, il ne bouffe pas les mains à l'application (au contraire du ciment et de la chaux), il se mélange avec moult autres ingrédients: terre, chaux, pigments, charges isolantes, etc.

Ce formidable tableau ne doit pas nous faire oublier quelques inconvénients: le plâtre fait rouiller la ferraille, il craint l'humidité prolongée et le gel s'il est mouillé.

A partir du plâtre pur, les magnats de la chimie BTP ont mis au point toutes sortes de produits dérivés farcis d'additifs de synthèse comme des résines et colles (accroissement de la dureté ou de l'adhérence). Les recettes qui suivent sont basées sur du plâtre standard, moins couteux, non toxique, polyvalent et autoproductible...

LES RECETTES PLATRIARCALES
# Pour les scellements: Pour la plupart des scellements protégés des intempéries, le plâtre est bien assez costaud et surtout permet le démontage au cas où... Pour gâcher le mortier il faut d©ˆabord verser l'eau dans la gâche avant d'y saupoudrer le plâtre peu à peu, sans se presser pour que les radeaux de poudre sèche s'imbibent d'eau et coulent vers le fond du récipient. Lorsque l'on sent que la quantité d'eau est bientôt saturée de poudre -celle-ci affleurant à 1 cm.sous la surface- on arrête de saupoudrer. Il faut alors attendre - le temps de fumer une cigarette disent les pros ; le temps de lire à haute voix une page d'un annuaire téléphonique quelconque disent les non-fumeurs - que le mélange devienne de plus en plus beurré. On le touille alors énergiquement à la truelle et si tout s'est bien passé la consistance est bonne et on applique le mortier dans le trou de scellement ou à reboucher. Pour accélerer astronomiquement la prise, plutôt que de surdoser en poudre (ça marche mais donne un plâtre sensible à l'humidité) il vaut mieux gâcher à l'eau chaude en choisissant du plâtre dit "manuel rapide". Cette méthode de gâche est celle de base qui sert à toutes les applications. Il vaut mieux toujours travailler en légère sur-épaisseur quitte à racler ensuite.

# Pour boucher des trous géants: même recette que précédemment mais on ajoute du sable pour moitié: cela économise du plâtre et évite le faiençage (petites fissures de rétraction à la prise).
# Pour réparer des cassures de poëles et fourneaux ou cheminées: le plâtre doit être gaché de préférence avec du crottin de cheval sec qui va armer de fibres de cellulose le mortier et compenser les dilatations thermiques. Il faut pour cela du plâtre pur pour enduits manuels (celui pour projeteuse ou moulages durs ne sont pas réfractaires car trop rigides).

# Pour faire de la fonderie d'aluminium à cire perdue, le plâtre est tiptop: première couche de prise d'empreinte teintée à l'ocre (couche avertiseuse au dépiotage pour éviter d©ˆabimer l'effigie) puis corps en plâtre pur. Même pour le bronze le plâtre convient mais l'alu qui fond à 650° est plus simple. Bien sécher le moule au four aprés vidage de la cire et avant coulage car le plâtre contient plus d'eau que la terre

# Pour fabriquer des effigies, des moules, des masques géants, des sculptures : le plâtre doit être armé avec de la filasse de staffeur: c'est économique et incontournable pour rendre incassable la réalisation. La fillasse se présente en chignons d©ˆun kilo et se trempe dans le plâtre frais avant d'être appliquée sur la structure ou le moule. La couche de finition vient ensuite, sans filasse, et lissée à la mousse de matelas.

# Pour se lancer dans les mélanges malins, le plâtre est formidable: avec du charbon de bois, de la sciure, des copeaux, de la paille hachée, du chanvre, on réalise des mortiers isolants thermiques (on peut y rajouter de la chaux aérienne - environ 50 % du plâtre- pour renforcer la résistance à l'humidité).